dimanche 27 novembre 2011

Jupiter sur un antoninien de Caracalla et l'introduction d'une nouvelle dénomination (Rome, 215).

On a vu que Jupiter était apparu dans le monnayage de Caracalla l'année précédente. En 215, dans la première émission d'antoniniens le plus grand des dieux romains continue d'apparaître et ne cessera plus d'être présent jusqu'à la mort de l'empereur en 217. Si on compare la représentation de Jupiter sur cet antoninien avec la pose des deniers de 214, on voit qu'elle est ici plus travaillée, un peu à l'image des sculptures grecques classiques où une des jambes est repliée. Sur le denier, Jupiter est vu de face alors que sur l'antoninien, seul le torse est de face, ce qui lui donne plus de majesté. On remarquera sur cet exemplaire le traitement du foudre ainsi que des cheveux du dieu. Avec Sol et Sérapis, ce type au Jupiter debout est un des plus courants. Il en est de même pour ce buste qui est caractéristique des premiers antoniniens. Les autres variantes sont moins communes pour ce type.


n° C94

Dénomination: Antoninien

Empereur: Caracalla

Avers: ANTONINVS PIVS AVG GERM - Buste radié à droite, drapé et cuirassé vu de l'avant.

Revers: P M TR P XVIII - COS IIII P P - Jupiter, nu un manteau sur l'épaule gauche, debout à moitié à droite, tenant un sceptre de la main gauche et un foudre de la droite.

Atelier (année de frappe): Rome (215)

Références: RSC 279 (65£) - RIC 258a (S) - BMC 110 - Hill 1465 (R) - BnF 6816

Caractéristiques: Argent, 23mm, 5.43g, 12h. - Ex. Hugon Numismatique.

Note: Cette monnaie provient d'un trésor tunisien trouvé par une compagnie de chemin de fer dans les années 1930.
Il existe une variante où Jupiter à la tête à gauche.

Commentaire:

L'introduction de cette nouvelle dénomination qu'est l'antoninien est très certainement en lien avec la campagne que l'empereur décide de mener en Orient. En effet, les guerres coûtent cher, il faut payer plus de légionnaires (Septime Sévère avait augmenté le nombre de légion avec la création des trois légions parthiques et avait augmenté les soldes) et le stock d'argent diminue. Cependant les manipulations monétaires des empereurs entraîne un processus vicieux: la mauvaise monnaie chasse la bonne. Les particuliers conserve donc leurs anciennes espèces de meilleure qualité et se constitue des trésors et seules les nouvelles monnaies circulent. Lorsqu'elle revienne à l'Etat et sont reffrappées la quantité de métal précieux diminue, d'autant que les quantités frappées ne cesse d'augmenter afin de régler les dépenses publiques, essentiellement militaires.
On ne connait pas le nom de la nouvelle monnaie, mais une mention existe dans l'Histoire Auguste : «[…] argenteos Antoninianos mille[...]». De plus, toujours dans cette ouvrage dans l'histoire de Sévère Alexandre, il est dit: «Monetae nomen Antonini reddatur», car en effet l'antoninien n'existait plus sous ce règne. Cette affirmation fait donc très certainement référence au double denier.

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