dimanche 1 avril 2012

Plusieurs variantes pour le départ de l'empereur - Denier de Caracalla (Rome, 213)

Le départ de l'empereur, la profectio, est souvent représenté à cheval. Contrairement aux légionnaires, les officiers supérieurs et généraux et notamment le premier d'entre eux se déplacent à cheval. Or, il est ici à pied. Ce qui ne change pas, en revanche, c'est la lance pointée vers le haut: Caracalla est prêt à partir en campagne. La monnaie est non datée et la titulature au droit indique la fourchette 210-213 grâce au titre de Britannicus. Ce denier est en fait très certainement lié à la campagne de 213 contre les Alamans qui lui vaudront le titre de Germanicus. Hill place cette monnaie au sein de la deuxième émission du règne seul, au début de l'année 213. Il existe un type proche de la même émission où le soldat et son enseigne sont remplacés par deux enseignes fichées au sol.


n° C57



n° C97

Dénomination: Denier

Empereur: Caracalla

Avers: ANTONINVS PIVS AVG BRIT - Tête laurée à droite.

Revers: PROFECTIO - AVG - C57: Caracalla en habit militaire, debout à droite, tenant une haste des deux mains; derrière lui, un soldat tenant une enseigne; C97: Même description, sauf que le soldat est derrière Caracalla, en partie caché par lui et l'enseigne à peine visible.

Atelier (année de frappe): Rome (213)

Références: C57: RSC 509 (40£) - RIC 226 (S) - BMC SG 95-6 - Hill 1337 (S2) - BnF 6921, X.L. 1984/385 ; C97: RSC 509a (45£) - BnF 6919-6920.

Caractéristiques: C57: Argent, 18mm, 3.22g, 12h. - Ex. Monnaies d'Antan VSO 4 n°252 ; C97: Argent, 18mm, 3.6g, 1h - Ex. Hugon Numismatique.

Note: Cohen cotait 10f cette monnaie, ce qui est exagéré au vu du nombre d'exemplaires constaté de nos jours. La cote de 40£ permet d'avoir une idée plus juste, de même que l'indice S2 de Hill. La variante avec porte-enseigne accolé semble un peu plus rare que le type principal.
L'exemplaire C97 provient d'un trésor tunisien trouvé par une compagnie de chemin de fer dans les années 1930.

Commentaire:

La variante avec le porte-enseigne accolé à l'empereur est rapportée par le RSC avec la référence : Seaby's Bull. Jan. 1942 (G. R. Arnold). Elle semble être une véritable variante et non une simple variation de gravure sur un coin. En effet, plusieurs monnaies issues de coins différents montrent cette particularité. Il est par contre difficile de trouver un sens précis à ceci.
Une légion regroupée sous un insigne particulier, l'aigle, est composée d'environ 5000 hommes. Elle est subdivisée en dix cohortes de trois manipules elle-même (sauf la première) composée de six centuries. Outre l'aigle, unique, qui symbolise la légion et que l'on peut voir sur certains deniers de Septime Sévère, de nombreuses enseignes existaient au sein de la légion. En effet, chaque manipule (ou centurie?) avait son enseigne (signum) portée par un soldat particulier: le porte-enseigne ou signifer. Ce dernier revêtait souvent une dépouille animale sur son casque avec la tête et les pattes avant, d'un loup généralement. Cet uniforme devait être particulièrement impressionnant sur un champ de bataille et devait contribuer à effrayer l'ennemi. Il y a peut-être aussi originellement une signification totémique. L'enseigne était parfois couronnée par un fer de lance ou une main (d'où le lien avec manipule), comme on le devine sur un de nos deniers. La hampe était abondamment décorée de 2 à 6 disques, de croissants de lune, de tours ou de couronnes. Les disques pouvaient être décorés d'un aigle ou d'un portrait. Ces variations permettaient de distinguer chaque unité. On notera enfins ur un de nos deniers, en bas sur la hampe, une poignée recourbée. En effet, les enseignes étaient souvent plantées dans le sol et il fallait une certaine force pour pouvoir les sortir. Les illustrations ci-dessous montrent différentes enseignes sur des reliefs de la colonne trajane à Rome.

Enseignes (Détails de la colonne trajane, Rome)

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