Affichage des articles dont le libellé est victoire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est victoire. Afficher tous les articles

samedi 24 août 2013

La victoire parthique sur des deniers de Caracalla (Rome, 204)

L'Empire parthe se trouve aux confins orientaux de l'Empire romain et la question de cette frontière a souvent été une priorité pour les empereurs. A trois reprises, Septime Sévère effectue des campagnes militaires en Orient: la première en 193-194 (expeditio Asiana) contre son rival Pescennius Niger, la deuxième en 195 (expeditio Mesopotamena) contre les Parthes et leurs alliés (les Arabes et l'Adiabène) et enfin en 196-198 contre l'entité correspondant à l'Iran actuel (expeditio Parthica) et son chef le roi Vologèse IV.
A l'automne 198, une partie de l'armée embarqua sur l'Euphrate à bord de bateaux à fond plat construits pour l'occasion et l'autre partie suivit le cours du fleuve. L'armée romaine ne rencontra pas d'obstacles, car les Parthes reculèrent au fur et à mesure. Ils prirent ainsi Babylone puis poursuivant le long du canal royal qui relie l'Euphrate au Tigre, s'emparèrent de la double capitale Séleucie et Ctésiphon. L'empereur obtint une Xème puis une XIème acclamation impériale, et reçut de ses troupes le titre de Parthicus Maximus ("Très Grand Parthique") près de 81 ans jour pour jour après le grand Trajan. Il faut rappeler que l'empereur africain avait le désir de rapprocher sa famille de celle des Antonins afin de toujours plus garantir sa légitimité et de montrer ainsi une continuité du pouvoir. 
Voici comment Dion Cassius évoque les événements: 
"Les Parthes, sans attendre l'empereur, s'étant retirés chez eux  [...], [Sévère] à l'aide de bateaux qu'il construisit sur l'Euphrate, s'avançant par le fleuve et par terre le long de ses bords, ne tarda pas, grâce à la rapidité, à la vitesse et au bon aménagement de ces constructions, pour lesquelles la forêt qui borde l'Euphrate et les régions voisines lui fournissaient le bois en abondance, à se rendre maître de Séleucie et de Babylone qui avaient été abandonnées. Il s'empara aussi de Ctésiphon, dont il permit le pillage à ses soldats, il y fit un grand carnage, et prit vifs environ cent mille hommes. Néanmoins, il ne poursuivit pas Vologèse et ne conserva pas Ctésiphon ; mais, [..] il s'en alla [...] parce qu'il manquait du nécessaire ; il revint par un autre chemin."
Hérodien ajoute: 
"Dans l'enivrement de ce succès, il écrivit au sénat et au peuple, leur annonçant ses victoires avec emphase; il les fit même représenter sur des tableaux qui furent exposés publiquement. Le sénat lui décerna les plus grands honneurs, et le décora du surnom des peuples qu'il avait vaincus."
La Victoire Parthique apparaît sur les monnaies de Septime Sévère, mais aussi sur celles de son jeune fils et héritier Caracalla.


n° C118



n° C18

Dénomination: Denier

Empereur: Caracalla

Avers: ANTONINVS - PIVS AVG - Buste lauré, drapé à droite.

Revers: C 118: VICTORIA - PART MAX; C18: VICT PART MA-X - Victoria courant à gauche, tenant une palme de la main gauche et une couronne de la main droite.

Atelier (année de frappe): Rome (204)

Références: C118: RSC 661 (35£) - RIC 145 (R) - BMC S298-9 - Hill 684 (S2) - BnF 6974; C18: RSC 658 (30£) - RIC 144b (S) - BMC S296-7 - Hill 689 (S) - BnF 6973;Maspero 1967/630;J&M Delepierre 1966.

Caractéristiques: C118: Argent, 18mm, 3.7g, 1h, Ex. Cayon Auction May 2012 n°4944; C18: Argent, 18mm, 3.28g, 6h.

Note: Cohen cote la monnaie C118 le double (10f) du denier C18. Ils semble en effet que le denier à légende longue soit un plus rare que celui à légende courte.

Commentaire:

La célébration du triomphe sur les Parthes a eu lieu en 202 en conjonction avec le mariage de Caracalla et Plautille et l'anniversaire des dix années de règne de Septime Sévère. Ces deniers ont donc pu être frappés en 202 à cette occasion. Comme ils ne sont pas explicitement datés (la légende de droit jointe au buste drapé donne la fourchette 201-206), il est difficile de fournir une date précise sauf si l'on trouve des liaisons de coins avec des monnaies datées. C'est ainsi que Hill place ces deniers en 204 au sein de la 18ème émission. Le denier à légende longue VICTORIA PART MAX ferait partie d'un première groupe, suivi par une deuxième et troisième partie d'émission avec la légende courte VICT PART MAX. Il note également une évolution du portrait qui l'amène à distinguer deux groupes, l'exemplaire C18 étant certainement rattaché à la troisième partie de l'émission où le portrait semble plus âgé. Enfin, il faut noter une monnaie avec la tête de Caracalla (donc buste non drapé) trouvée dans le trésor de Marcianopolis et qui semble très rare si elle existe vraiment.

dimanche 16 juin 2013

Un palmier pour une victoire britannique sur un denier de Septime Sévère (Rome, 210)

Dans sa monographie consacrée au monnayage romain de Septime Sévère et sa famille, P. V. Hill place ce denier en 210 dans une émission spéciale célébrant les victoires impériales en Bretagne. Selon lui, une première émission avait eu lieu un peu plus tôt dans l'année. Les victoires en Bretagne sont l'occasion pour le pouvoir de faire connaitre les succès militaires en multipliant les représentations de Victoria sur les monnaies. Accompagnées de la légende explicite VICTORIAE BRIT (à la Victoire britannique), la déesse de la victoire revêt des positions variées, assise ou debout, à gauche ou à droite, avec ou sans éléments adjoints tels des trophées ou captifs. On notera à l'avers la présence du titre de vainqueur des Bretons (BRIT) que l'empereur arbore sur sa titulature à partir de cette année 210.


n° S72

Dénomination: Denier

Empereur: Septime Sévère

Avers: SEVERVS PIVS - AVG BRIT - Tête laurée à droite.

Revers: VICTORIAE - BRIT - Victoria à moitié nue, debout de face, tête à droite, tenant une palme de la main droite, le bras gauche le long du corps; à droite, un bouclier attaché à un palmier.

Atelier (année de frappe): Rome (210)

Références: RSC 729 (70£) - RIC 337 (S) - BMC G58 - Hill 1139 (R) - BnF 6541-2

Caractéristiques: Argent, 18mm, 3.16g, 6h - Ex. Gorny & Mosch Auktion 170 n°2436

Note: on notera la présence d'une variante où le bras gauche de Victoria au lieu d'être le long du corps, attache le bouclier à l'arbre.

Commentaire:

Victoria, équivalent romain de la grecque Nikê, est représentée ailée portant palme et couronne, attributs dédiés aux vainqueurs. Elle est représentée ici à demie-nue à côté d'un arbre portant un bouclier. Nous sommes en présence du trophée primitif qui consistait à attacher des armes à un arbre le rendant ainsi anthropomorphe. L'arbre a ici l'allure d'un palmier, ce qui est curieux puisqu'il ne correspond pas à un végétal poussant dans les îles britanniques! En fait les graveurs ont repris un type émis en 207 sur de possibles victoires en Afrique. Ils ne connaissaient sans doute pas la végétation de ces provinces du nord, le palmier permettant certainement d'introduire de l'exotisme et de la distance.

dimanche 10 février 2013

Un buste atypique sur un denier à la Victoire de Septime Sévère (Rome, 196)

Les bustes de Septime Sévère sur les deniers sont relativement peu variés: la tête laurée à droite domine massivement. Cependant, à y regarder de plus près, on peut trouver des exceptions. Par exemple, les émissions posthumes montrent l'empereur tête nue. Mais du vivant de l'empereur, on trouve aussi des exemplaires qui sortent de l'ordinaire. Ces portraits "exceptionnels" sont localisés essentiellement dans les ateliers orientaux et particulièrement à Laodicée: tête à gauche, buste cuirassé vu de l'avant, etc. Cependant, des deniers romains présentent aussi des bustes sortant de l'ordinaire: présence de l'égide ou d'une légère draperie sur l'épaule gauche, par exemple.


n° S61

Dénomination: Denier

Empereur: Septime Sévère

Avers: L SEPT SEV PE-[RT AVG IMP VIII] - Buste lauré, drapé et cuirassé à droite.

Revers: P M TR P - IIII - C-OS II P P - Victoire marchant à gauche, tenant une palme de la main gauche et tendant une couronne de la droite.

Atelier (année de frappe): Rome (196)

Références: RSC 419v. - RIC 86v. - BMC W146-9v. - Hill 217v. - BnF 6435-6v.

Caractéristiques: Argent, 16mm, 3.2g, 6h - Ex. Forum Ancient Coins, ex. Barry Murphy coll.

Commentaire:

Plusieurs exemplaires de ce type avec buste lauré, drapé et cuirassé vu de l'arrière, ont été trouvés par Barry Murphy. On ne sait pas pourquoi certains types se sont vus attribuer des variations dans le traitement du portrait de l'empereur. L'empereur a peut-être voulu mettre en avant sa fonction de soldat en pleine période de guerre civile, en se présentant revêtu de la cuirasse et du manteau de général
Ce denier daté de 196 (TR P IIII) et présente à l'avers la mention de la huitième acclamation impériale. Cet honneur intervient à l'été 196 au moment de la chute de Byzance. Le siège avait duré deux ans et avait été particulièrement dur. L'empereur était encore en Mésopotamie après avoir vaincu Pescennius Niger quand il apprit la nouvelle. Il se réjouit mais pensait déjà à la prochaine étape: l'affrontement contre Clodius Albinus fraîchement déclaré ennemi public. Voici ce qu'en dit Hérodien: "Aussitôt que Sévère eut ainsi parlé, l'armée entière déclara Albinus ennemi de Rome. Les soldats poussent des acclamations en l'honneur de leur général ; ils témoignent par leurs cris la plus vive impatience; leur confiance redouble l'ardeur et les espérances de Sévère. Après leur avoir distribué de fortes sommes, il se met en marche. Auparavant, il avait envoyé des troupes assiéger Byzance ; cette ville, où s'étaient réfugiés les généraux de Niger, ne lui avait pas encore ouvert ses murs. Elle fut prise plus tard par famine; la ville entière fut détruite; on renversa ses théâtres, ses bains publics et tous les édifices qui l'embellissaient : cette superbe capitale, devenue un faible bourg, perdit encore sa liberté, et fut donnée aux Périnthiens, de même qu'Antioche se vit livrée aux habitants de Laodicée."

mardi 7 août 2012

Une monnaie de Septime Sévère exceptionnelle, rare et complexe iconographiquement

Cette monnaie est exceptionnelle à plus d'un titre. Tout d'abord par sa rareté. Même si le British Museum possède deux exemplaires (dont un usé), elle est absente de beaucoup de grandes collections institutionnelles en premier lieu de Paris. Au moment de la rédaction de son ouvrage à la fin du XIXème siècle, H. Cohen ne connaissait que l'exemplaire du Cabinet de Vienne. Aujourd'hui, cinq exemplaires semblent être connus, tous de même coin de revers, ce qui confirme la rareté du type. Ensuite par son iconographie unique dans le monnayage romain. La scène est complexe, car de nombreux personnages et attributs occupent le flan. Tout d'abord l'empereur, reconnaissable à sa barbe bifide, est assis sur une chaise curule de face, ce qui est déjà remarquable. C'est le magistrat qui est représenté ici puisqu'il est en toge et il est assis sur le siège réservé à ceux qui possèdent l'imperium. On notera que Mattingly dans le RIC interprète le personnage principal comme Roma, contrairement à Cohen, car pour lui l'exemplaire du British Museum montre un personnage féminin. La barbe qui se voit clairement sur l'exemplaire ci-dessous ne laisse planer aucun doute sur l'identité du personnage, c'est bien Septime Sévère. La légende, quant à elle est militaire: VICTORIAE AVGG, les Victoires des Augustes. Et on voit effectivement deux Victoires sur cette monnaie, l'une dans les mains de l'empereur sous la forme d'une statuette, l'autre est Victoria, personnification et déesse de la Victoire qui, planant dans les airs, vient couronner Septime Sévère. Reste à identifier le personnage à genoux et l'attribut qu'il porte à bout de bras au-dessus de lui.

n° S113

Dénomination: Denier

Empereur: Septime Sévère

Avers: SEVERVS - PIVS AVG - Tête laurée à droite.

Revers: VICTORIAE AVGG - Septime Sévère en toge assis de face sur une chaise curule, tenant une Victoriola dans sa main droite; sur la droite à ses pieds, une petite figure nue porte un orbe sur sa tête. A droite, une Victoire volante couronne l'empereur.

Atelier (année de frappe): Rome (206)

Références: RSC 717 (350£) - RIC 301 (R3) - BMC 371-2 - Hill 1008 (R4) - BnF /

Caractéristiques: Argent, 19mm, 3.38g, 6h -  Ex. Aureo & Calico Subasta 238 n°1114 ; Ex. Lanz Auktion 100 n°33 ; Ex. Lanz Auktion 30 n°636.

Note: Cette monnaie est rarissime comme le montre les indices de rareté et les cotes. A la fin du XIXème siècle, Cohen la cotait déjà 100F Or.

Commentaire:

Les mystères sont nombreux pour cette monnaie à commencer par sa datation. Mattingly la date de 208, Hill la place quant à lui en 209 lors d'une émission spéciale sur la campagne et les premières victoires en Bretagne. Or rien n'explique le lien entre cette iconographie hors du commun et la campagne britannique. Curtis C. Clay a un argument décisif pour l'année 206. Il a en effet observé des liaisons de coins de droit avec le type LAETITIA TEMPORVM (jeux du Cirque avec le navire au centre, les chars en haut et les animaux en bas). De nombreux types rares et exceptionnels comme ceux-ci ont été frappés cette année-là et il ne serait pas étonnant que cela soit aussi le cas pour notre denier à la légende VICTORIAE AVGG. 
Il reste à identifier le petit personnage aux pieds de l'empereur. Certains y voit un captif portant un bouclier. Les captifs sont rarement nus et portent des vêtements distinctifs afin de bien les identifier. De plus, le "bouclier" ne correspond pas vraiment à ce que les graveurs représentent pour ce type de matériel militaire. D'autres comme Cohen y voient Atlas soutenant le globe et donc on pourrait penser par extension qu'il s'agit d'une représentation de la chaîne de l'Atlas en Afrique du nord.

Atlas Farnese au Musée archéologique national de Naples

Détail du globe céleste

Cette monnaie symboliserait donc des victoires dans cette province du sud de l'Empire. C'est certainement pour cette raison que Mattingly dans le BMC plaçait approximativement (sans connaitre la liaison de coin?) l'émission de ce denier en 208. Cependant, ce n'est guère probable, la possible visite (et victoire?) de Septime Sévère en Afrique ne daterait que de 207 et si on retient 206 pour la date de frappe, cela ne colle plus... De plus, le globe n'a pas non plus sa représentation canonique (comme on peut le voir par exemple sur des exemplaires de consécration avec l'aigle ou comme attribut de Providentia), donc il ne s'agit pas non plus d'Atlas.  L'émission ne serait alors qu'un rappel des victoires parthiques de 198? Le mystère n'est aujourd'hui pas résolu. En tous les cas, C. Clay fait le lien entre ce denier et un autre de Caracalla tout aussi rare, exceptionnel et avec la même légende... et Septime Sévère au revers! En plus des deux Victoires, deux captifs "parthes" sont présents, ce qui accréditerai ce lien avec la campagne parthique victorieuse de 198. Enfin, la dernière possibilité, certainement la plus séduisante, est celle d'Aiôn, l'Eternité, qui est souvent représenté plus ou moins nu et qui porte au-dessus de lui le ruban zodiacal. Un très bel exemple est visible sur cet auréus d'Hadrien avec explicitement à l'exergue SAEC AVR. On remarquera aussi le phénix posé sur un globe symbole  d'éternité et de renouvellement.

Auréus d'Hadrien avec représentation d'Aiôn au revers
Courtesy: Numismatica Ars Classica

On est donc dans une représentation liée au Saeculum Aureum très en vogue en ce IIIème siècle et dont on aura l'occasion de reparler. La victoire sur l'ennemi héréditaire parthe est peut-être pour le pouvoir impérial le point de départ pour ce nouvel âge d'or que les Sévères incarnent.

samedi 14 avril 2012

Deux légendes d'avers pour un type à la Victoire - Deniers de Septime Sévère (Laodicée, 198)

Voici deux deniers présentant la Victoire, comme toujours ailée, marchant à gauche et munie de ses deux attributs traditionnels: la palme et la couronne. La légende de revers indique la Victoire des Augustes (Septime Sévère et Caracalla) et précise les titres de l'empereur père: son deuxième consulat (depuis 194) et celui de Père de la Patrie. 
Ces deux deniers ont été frappés à peu de temps d'intervalle dans l'atelier syrien de Laodicea ad Mare. Le plus ancien (S110) a une titulature que l'on peut déployer ainsi: L[VCIVS] SEP[TIMIVS] SEVERVS PER[TINAX] AVG[VSTVS] P[ONTIFEX] M[AXIMVS] IMP[ERATOR]XI. Cette légende a été utilisée peu de temps au début de l'année 198.  Ce denier ne semble pas avoir été frappé à Rome. Le suivant (S118) a une titulature différente et employée jusqu'en 202. Le début est modifié ainsi: SEPTIMIVS est rallongé de SEP en SEPT, SEVERVS est abrégé en SEV et les mentions à Pertinax (PERT) et au grand pontificat (P M) sont abandonnés. A la fin, la onzième acclamation impériale est suivie du titre de grand Parthique (PART[HICVS] MAX[IMVS]). Ce denier a aussi été frappé à Rome comme souvent pour les deniers de Laodicée dits du "nouveau style".



n°S110



n°S118

Dénomination: Denier

Empereur: Septime Sévère

Avers: S110: L SEP SEVERVS PE-R AVG P M IMP XI ; S118: L SEPT SEV AVG IMP XI - PART MAX - Tête laurée à droite.

Revers: VICT AV-GG - C-OS II P P - Victoire marchant à gauche, tenant une couronne de la main droite et une palme de la gauche.

Atelier (année de frappe): Laodicée (198)

Références: S110: RSC 695 (25£) - RIC 499 (C) - BMC 634-5 - BnF 6531-2 ; S118: RSC 694a (30£) - RIC 513B (R) - BMC / - BnF /.

Caractéristiques: S110: Argent, 18mm, 3.4g, 12h - Ex. Creusy ; S118: Argent, 19mm, 2.8g, 12h - Ex. Cresson.

Note: Ce type est très courant à Rome avec IMP X. Pour Laodicée, la monnaie avec légende en PART MAX semble plus rare que celle en IMP XI seul. Le RIC cite la collection L. A. Lawrence et il est étonnant que le BMC n'en fasse pas mention. Elle est absente des collections de Londres et Paris.

Commentaire:

Tout d'abord, on constate qu'une des deux monnaies porte le titre de PART MAX et que l'autre non. L'acclamation impériale et le titre de grand Parthique sont donc clairement dissociés sur les deux deniers de même type de revers à la Victoire.
L'acclamation impériale est le fait des troupes qui accordent ce titre à leur général en chef victorieux. Ce terme d'imperator a donné abusivement en français le mot empereur. Par cette acclamation, le général a droit au triomphe accordé par le Sénat. Ce dernier ne fait donc que valider en quelque sorte ce que les soldats ont accordé à leur chef. Le premier denier frappé en Syrie, donc au plus près des champs de bataille de la campagne orientale, a été en quelque sorte émis en avant-première juste avant que les nouvelles arrivent à Rome et que le Sénat donne le titre de grand Parthique à Sévère. Ce qui explique l'inexistence de cette monnaie pour l'atelier de Rome. En revanche, le titre de grand Parthique ne pouvait être donné par les soldats. Lorsque le second denier est émis en Syrie, la nouvelle est donc connue à Rome et le Sénat a accordé le titre de Parthicus Maximus à Septime Sévère. C'est pour cette raison que des deniers de ce type ont aussi été frappés à Rome.

samedi 30 avril 2011

Une Victoire volante sur des deniers de Septime Sévère (Rome, 200)

Victoria est certainement le type le plus répandu sur les monnaies de Septime Sévère. De 193 à 211, cette divinité/personnification apparait chaque année sur les deniers de l'empereur africain sauf à six reprises, si on se réfère au classement de Hill. La Victoire est généralement debout à droite ou à gauche, plus rarement assise ou dans un bige. Ici, elle vole littéralement sur le revers de la monnaie, car la marque horizontale qui définit l'exergue de celle-ci est absente. La couronne du vainqueur est inhabituellement dépliée et tenue par la Victoire au-dessus d'un bouclier ovale posé sur un socle. Les deux monnaies présentées partagent leur avers et le type de revers, seule l'inscription autour de la Victoire diffère et en font donc deux types monétaires différents. Il arrive fréquemment que deux émissions quasiment identiques soient produites, l'une avec une légende datée précisément, l'autre avec une légende non datée mais explicitant le revers illustré.


n° S15



n° S37

Dénomination: Denier

Empereur: Septime Sévère

Avers: SEVERVS AVG - PART MAX - Tête laurée à droite.

Revers: VICT AE-T-ERN (S15) ; P M TR VIII - COS II - P P (S37) - La Victoire volant à gauche, tenant un diadème des deux mains ; devant elle, un bouclier sur un cippe.

Atelier (année de frappe): Rome (200)

Références: S15: RSC 670 (25£) - RIC 170 (C) - BMC 209-10 - Hill 455 (R) - BnF 6524-1986/334 ;  S37: RSC 454 (25£) - RIC 150 (C) - BMC 175-7 - Hill 444 (C4) - BnF 6447-6493.

Caractéristiques: S15: Argent, 18mm, 3.43g, 12h ; S37: Argent, 19mm, 2.79g, 6h.

Note: Septime Sévère partage le revers à la légende VICT AETERN avec ses fils. Selon Hill, la monnaie de Caracalla est plus courante et celle de Géta plus rare que celle de leur père. De plus pour Sévère, la légende datée semble plus courante que la légende non datée.

Commentaire:

En 200, Septime Sévère séjournant dans la partie orientale de l'Empire est sorti vainqueur de ses rivaux et de l'ennemi héréditaire parthe, il n'est donc pas encore rentré à Rome. Il n'a pas célébré son triomphe dans l'Urbs mais entend le faire au travers de ses monnaies destinées à circuler parmi le peuple et ses légionnaires. Il abandonne cependant sur sa titulature le titre d'Imperator mais adopte une légende courte en ne gardant que son titre de Grand Parthique: SEVERVS AVG PART MAX. Les deux monnaies présentées ici sont issues de deux émissions consécutives (la 9ème et la 10ème) frappées en 200 selon P. V. Hill. La légende datée (huitième puissance tribunicienne) est antérieure selon le chercheur anglais à celle qui est non datée. Cette dernière renvoie aux guerres remportées récemment par l'empereur, mais lui donne aussi l'assurance de la permanence de sa supériorité militaire ("à la Victoire éternelle").
On retrouve la légèreté de ces Victoires volantes monétaires sur des terres cuites grecques de Myrina (IIème siècle avant J.-C).


Victoire volante (Musée du Louvre, Paris)

dimanche 13 mars 2011

La victoire parthique sur un antoninien et son imitation en 217

Ces deux antoniniens font partie de la dernière émission de 217 peu avant la mort de l'empereur assassiné près de Carrhes. Cette émission spéciale célèbre la victoire sur les Parthes (au revers: Victoire assise et VIC PART à l'exergue) et les Vicennalia de l'empereur (VO XX inscrit sur le bouclier tenu par la Victoire). En effet, Caracalla est Auguste depuis son enfance en 198 et allait donc célébrer ses vingt ans de règne en 218. Les deux monnaies présentées ici sont intéressantes, car l'une est officielle en argent (titre de fin à 500 0/00) et l'autre est une imitation en bronze destinée à circuler dans les zones frontalières et périphériques de l'Empire. Ces antoniniens du "limes" comme on pourrait les appeler sont beaucoup plus rares que les deniers du "limes" dénommés ainsi par les Anglo-Saxons en référence aux fortifications le long du Rhin et du Danube aux marges de l'Empire romain. Il se peut en effet qu'à cette époque les espèces frappées à Rome arrivaient difficilement dans ces régions du haut et moyen Danube alors en plein développement économique. Afin de pallier ces problèmes d'approvisionnement en numéraire des faux étaient alors fabriqués. On remarque cependant que l'antoninien imité est de très bon style et quasiment identique à celui de l'atelier officiel. Seuls la disparition de la pellicule d'argent le recouvrant initialement et le poids plus léger permettent de distinguer le vrai du faux. Il y a néanmoins des différences dans le détail comme on pourrait en trouver d'ailleurs sur deux exemplaires officiels de coins différents: traitement de la gravure de la Victoire (les ailes en particulier ainsi que son attitude: plus active sur l'imitation car elle écrit sur le bouclier) ou du trophée, présence ou non du bouclier sous celle-ci, taille des captifs.


n° C86



n° C28

Dénomination: Antoninien

Empereur: Caracalla

Avers: ANTONINVS PIVS AVG GERM - Buste radié, drapé et cuirassé vu de l'arrière (C86), buste radié et drapé vu de l'arrière (C28).

Revers: P M TR P XX COS IIII P P // VIC PART - La Victoire assise à droite sur une cuirasse, tenant sur ses genoux un bouclier, sur lequel est inscrit VO XX ; devant elle deux captifs assis sous un trophée.

Atelier (année de frappe): C86: Rome (217) ; C28: atelier indéterminé (après 217)

Références: C86: RSC 648 (125£) - RIC 297d (S) - BMC 199 - Hill 1597 (R3) - BnF 6969-70

Caractéristiques: C86: Argent, 22mm, 4.27g, 12h - Ex: Gorny & Mosch Auction 191 n°2207 ; C28: Bronze, 22mm, 3.36g, 12h - Ex: CGB Rome XVI n°227.

Commentaire:

L'annonce de la victoire sur les Parthes arrive au moment où l'empereur s'apprête à célébrer ses vota XX soluta. Ces voeux sont effectifs l'année suivante, mais comme souvent les célébrations commencent au cours de la vingtième année. Il est certain que si l'empereur avait continué sa carrière un peu plus longtemps, il aurait certainement ajouté le titre de Parthique à sa titulature, ainsi qu'une nouvelle acclamation impériale. Le triomphe est d'ailleurs vu de bon augure pour l'accompagnement naturel de l'anniversaire (Mattingly, BMC). On verra qu'il n'en sera rien, l'empereur étant assassiné peu après cette victoire. On reviendra également lors d'un autre message sur la façon perfide dont Caracalla a vaincu les Parthes. Simplement écoutons juste Hérodien dans son livre IV (§ XXI) mentionner cette victoire: "Après avoir ainsi surpris et égorgé un peuple sans défense, il pénètre bientôt jusqu'au fond du royaume des Parthes; et quand ses soldats sont las de meurtres et de rapines, il retourne en Mésopotamie, et écrit au sénat et au peuple romain qu'il a soumis l'Orient et réduit sous son obéissance tous les rois de ces vastes contrées. Le sénat, quoique instruit de tout (car les actions des princes ne peuvent rester cachées), lui décerne cependant, par crainte et par flatterie, les honneurs du triomphe. Antonin se reposa quelque temps en Mésopotamie de la gloire de son expédition, uniquement occupé à conduire des chars et à tuer des bêtes féroces."

samedi 21 août 2010

Les dernières monnaies émises à Laodicée pour Septime Sévère (202)

Cette monnaie au portrait caractéristique du "nouveau style" de l'atelier de Laodicée fait état du troisième consulat de Septime Sévère. On peut donc dater cette monnaie de 202, année vraisemblable de fermeture du dernier atelier syrien de monnayage impérial encore en activité. Cette monnaie fait donc partie des dernières émises à Laodicée et il n'y a pas d'autres monnaies datables de 202 dans cet atelier oriental.
Ce nouveau style plus soigné reprend très souvent des types romains et présente une gravure moins fruste et avec moins d'erreurs de légendes que durant la première phase d'activité (jusqu'en 198).


n° S12

Dénomination: Denier

Empereur: Septime Sévère

Avers: SEVERVS - PIVS AVG - Tête laurée à droite.

Revers: COS - I-I-I - P-P - Victoire marchant à gauche tenant une palme de la main gauche et tendant une couronne de la main droite.

Atelier (année de frappe): Laodicée (202)

Références: RSC 102 (25£) - RIC 526 (C) - BMC 732-3 - BnF 6301-2

Caractéristiques: Argent, 18mm, 2.81g, 6h.

Note: une monnaie avec mention du deuxième consulat existe aussi à Laodicée

Commentaire:

Victoria, devenue divinité, est présente partout: pièces de monnaies, sculptures célébrant une victoire militaire, autels comme celui de Rome et d'Auguste au sanctuaire fédéral des trois Gaules à Lugdunum, bas-reliefs, etc. Elle symbolise la victoire sous toutes ces formes et devient même un élément décoratif parmi d'autres.
Sur ce buste de jeune femme inconnue du Musée du Louvre, daté vers 120-130 ap. J.-C., la Victoire présente sur le vêtement n'a pas de connotation guerrière. Les spécialistes estiment qu'il s'agit-là du portrait d'une poétesse et la Victoire ferait allusion à un concours de poésie remportée par cette femme, "l'expression inspirée des grands yeux extatiques appuie cette hypothèse" indique la notice.


Buste d'une inconnue de l'ancienne collection du cardinal de Richelieu (Musée du Louvre, Paris)

La représentation de la Victoire est ici "canonique" avec sa longue robe romaine, ses ailes et ses deux attributs principaux la palme du gagnant (concours sportif, cirque...) et la couronne de laurier qu'elle tend au triomphateur. La même image est donc reproduite sur la monnaie et sur cette sculpture et est le signe d'un langage commun compris de tous.


Détail de la Victoire sur la tunique du buste d'inconnue

dimanche 20 juin 2010

La Victoire dans un bige: une référence à des combats africains? (denier de Septime Sévère - Rome 207)

Cette monnaie est non datée, au droit la légende SEVERVS PIVS AVG est active entre 201 et 210. Le revers est consacré à la Victoire des Augustes (le redoublement du G final marque le pluriel). Or il y a peu de campagnes militaires durant ces presque dix années. Hill place ce denier dans une émission spéciale consacrée à des victoires en Afrique en 207, année où il y a deux Augustes, Septime Sévère et son fils aîné Caracalla. Ce qui est curieux, c'est l'utilisation d'un type aussi exceptionnel pour une campagne militaire somme toute mineure. En effet, aucun auteur n'évoque de combats militaires entre le triomphe parthique à l'orée du IIIème siècle et la campagne de Bretagne à partir de 208. Néanmoins des documents numismatiques remplissent les vides! En l'occurrence, des monnaies de 207 (quinzième puissance tribunicienne) évoquent la présence de l'empereur sur le continent africain et les accents martiaux des types monétaires ne laissent planer aucun doute quant à la raison de la présence de Sévère dans cette province (revers avec Africa, l'empereur à cheval combattant, trophée, Victoire). Tout le problème est de savoir si la Victoire dans le bige est à rattacher à ces événements ou si elle fait référence à une victoire ultérieure durant la guerre en Bretagne.
Mattingly, quant à lui dans le BMC, place en effet cette monnaie en 210 dans le cadre de la campagne britannique. Une étude approfondie (peut-être réalisée par l'un des deux auteurs?) des coins d'avers permettrait de trancher cette question. Il faudrait donc trouver des coins de droit reliant cette monnaie non datée à d'autres parfaitement datés par la titulature continuant sur les revers.


n° S74

Dénomination: Denier 

Empereur: Septime Sévère

Avers: SEVERVS - PIVS AVG - Tête laurée à droite.

Revers: VICTORIAE // AVGG - Victoria dans un bige au galop à droite, tenant les rênes de la main gauche et un fouet de la droite.

Atelier (année de frappe): Rome (207)

Références: RSC 713 (55£) - RIC 299 (S) - BMC 370 - Hill 900 (R3) - BnF 6535

Caractéristiques: Argent, 19mm, 2.68g, 6h. - Ex. Lanz Auktion 144 n°543

Note: ce type existe aussi pour Caracalla et Géta en aureus, sesterce et as. Pour l'argent, seul Caracalla est répertorié, cependant ce type devrait également exister pour Géta.

Commentaire:

Sur les monnaies impériales, la Victoire est généralement debout, parfois assise ou volant, mais elle est plus rarement sur un char. Ce type est inauguré à l'époque impériale par Sévère et sera très peu repris par ses successeurs, il faut attendre Valérien pour revoir la Victoire sur un bige sur une monnaie, d'ailleurs avec la même légende. Cependant ce type était très populaire à l'époque républicaine où il apparait sur des deniers anonymes au milieu du IIème siècle av. J.-C. pour ensuite être abondamment repris par de nombreux monétaires. Ce type, parmi les premiers représentés sur les deniers (avec les Dioscures, Luna sur son char, etc.) étaient en fait imposés par la Moneta de Rome ce qui limitait l'originalité des revers. Les types se diversifieront un peu plus tard avec une certaine "émancipation" des monétaires.

Denier du monétaire Spurius Afranius, vers 150 av. J.-C. (Coll. Christophe Oliva)

mardi 6 octobre 2009

La Victoire britannique - Denier de Septime Sévère (Rome, 210)

"Sévère tourna alors ses armes contre la Bretagne, parce qu'il voyait ses fils mener une vie intempérante et les légions s'amollir dans l'oisiveté, et cela, bien qu'il sût qu'il n'en reviendrait pas." C'est ainsi que Dion Cassius introduit la campagne de Bretagne qui ne semble pas liée à de prétendus raids de Calédoniens ou Méates dans la province romaine. Au printemps 208, la famille impériale au grand complet quittent l'Urbs pour le nord. Dès 209, les premières victoires sont signalées dans les émissions monétaires.


n°S38

Dénomination: Denier

Empereur: Septime Sévère

Avers: SEVERVS PIVS - AVG BRIT - Tête laurée à droite.

Revers: VICTORI-AE - BRIT - Victoria à demi nue assise à gauche sur des boucliers, appuyant un bouclier sur son genou et tenant une palme.

Atelier (année de frappe): Rome (210)

Références: RSC 731 (65£) - RIC 335 (S) - BMC G61-2 - Hill 1135 (S2) - BnF 6543

Caractéristiques: Argent, 18 mm, 2.89 g, 12 h. - Ex. CGB Rome VIII n°347

Note: Selon Hill, ce denier fait partie d'une émission spéciale (la deuxième du genre) consacrée aux victoires britanniques qui présente Victoria dans différentes attitudes, mais toujours avec la légende VICTORIAE BRIT.

Commentaire:

La Victoire porte ici un de ses attributs traditionnels la palme. On y voit aussi trois boucliers, deux qui servent de siège et un troisième qui est porté sur un genou. Le bouclier des soldats défaits est aussi un objet souvent associé à Victoria. L'empereur porte sur ce denier le titre de Britannicus qu'il étrenne avec cette émission spéciale composée pour Septime Sévère uniquement d'aurei et de deniers. Elle fait certainement état des premières, mais difficiles victoires, obtenues en 209 sur les Calédoniens et Méates. Un traité est signé et les Bretons abandonnent du territoire au profit des Romains. Cependant, une nouvelle expédition est nécessaire en 210 après rupture du traité de paix.

Bas-relief représentant un amoncellement de boucliers (Antiquarium Palatino -Rome)

lundi 17 août 2009

La Victoire - Denier de Septime Sévère à Laodicée (ca 198)

La Victoire est une des personnifications les plus populaires du monnayage romain et particulièrement chez Septime Sévère. Son règne a été marqué par une guerre civile lors de sa prise de pouvoir et de plusieurs campagnes militaires extérieures. Les représentations de Victoria, déesse allégorique de la victoire, sont donc nombreuses et variées, mais elle est toujours représentée ailée, car elle est un messager des dieux. Ses attributs principaux sont la couronne de laurier qui est remise au triomphateur et la palme, récompense des vainqueurs de Jeux sportifs ou du cirque. La représentation de la Victoire sur ce denier est la plus courante du règne de Septime Sévère: marchant à gauche avec couronne et palme.


n°S13

Dénomination: Denier

Empereur: Septime Sévère

Avers: L SEPT SEV AVG IMP - XI PART MAX - Tête laurée à droite.

Revers: COS - I-I - P - P - La Victoire marchant à gauche, tenant une couronne de la main droite et une palme de la gauche.

Atelier (année de frappe): Laodicée (198)

Références: RSC 96 (25£) - RIC 503a (C) - BMC 655-6 - BnF 6296

Caractéristiques: Argent, 19mm, 2.85g, 6h.

Note: cette monnaie appartient au "nouveau style" de Laodicée. La date de frappe de cette monnaie est postérieure à 198, mais a pu être frappée jusqu'en 202, date de fermeture de l'atelier. Le revers fait mention du deuxième consulat de Septime Sévère (194). Il existe toutefois un autre denier de Laodicée, daté cette fois-ci plus sûrement de 202 avec la mention du troisième consulat de l'empereur.

Commentaire:

Auguste institua Victoria comme une des divinités tutélaires du nouveau régime. De nombreux cultes lui étaient rendus et elle était présente à différentes cérémonies et à de nombreux endroits: sur le Forum, au Sénat, lors des triomphes, des funérailles ou de la consécration des empereurs. Elle apparait aussi sur des monuments, en statue ou sur des reliefs figurés. Les empereurs lui rendaient aussi un culte privé, par l'intermédiaire d'une statuette dorée dans une petite chapelle portative. Cette dernière était aussi apportée lors de cérémonies publiques.
Enfin, je ne peux résister à vous narrer une anecdote de présage (l''Histoire Auguste" en fourmille pour Sévère qui était dit-on superstitieux) sur la mort de l'empereur: un jour lors de jeux du cirque, les trois statuettes de la Victoire en plâtre (une pour chacun des augustes: Sévère, Caracalla et Géta) avaient été installées comme habituellement sur un podium. Celle de Sévère fut balayée par un coup de vent, tomba et se planta droite dans le sol. Celle de Géta se désagrégea dans sa chute et celle de Caracalla vacilla et ne perdit que sa palme!