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dimanche 13 mars 2011

La victoire parthique sur un antoninien et son imitation en 217

Ces deux antoniniens font partie de la dernière émission de 217 peu avant la mort de l'empereur assassiné près de Carrhes. Cette émission spéciale célèbre la victoire sur les Parthes (au revers: Victoire assise et VIC PART à l'exergue) et les Vicennalia de l'empereur (VO XX inscrit sur le bouclier tenu par la Victoire). En effet, Caracalla est Auguste depuis son enfance en 198 et allait donc célébrer ses vingt ans de règne en 218. Les deux monnaies présentées ici sont intéressantes, car l'une est officielle en argent (titre de fin à 500 0/00) et l'autre est une imitation en bronze destinée à circuler dans les zones frontalières et périphériques de l'Empire. Ces antoniniens du "limes" comme on pourrait les appeler sont beaucoup plus rares que les deniers du "limes" dénommés ainsi par les Anglo-Saxons en référence aux fortifications le long du Rhin et du Danube aux marges de l'Empire romain. Il se peut en effet qu'à cette époque les espèces frappées à Rome arrivaient difficilement dans ces régions du haut et moyen Danube alors en plein développement économique. Afin de pallier ces problèmes d'approvisionnement en numéraire des faux étaient alors fabriqués. On remarque cependant que l'antoninien imité est de très bon style et quasiment identique à celui de l'atelier officiel. Seuls la disparition de la pellicule d'argent le recouvrant initialement et le poids plus léger permettent de distinguer le vrai du faux. Il y a néanmoins des différences dans le détail comme on pourrait en trouver d'ailleurs sur deux exemplaires officiels de coins différents: traitement de la gravure de la Victoire (les ailes en particulier ainsi que son attitude: plus active sur l'imitation car elle écrit sur le bouclier) ou du trophée, présence ou non du bouclier sous celle-ci, taille des captifs.


n° C86



n° C28

Dénomination: Antoninien

Empereur: Caracalla

Avers: ANTONINVS PIVS AVG GERM - Buste radié, drapé et cuirassé vu de l'arrière (C86), buste radié et drapé vu de l'arrière (C28).

Revers: P M TR P XX COS IIII P P // VIC PART - La Victoire assise à droite sur une cuirasse, tenant sur ses genoux un bouclier, sur lequel est inscrit VO XX ; devant elle deux captifs assis sous un trophée.

Atelier (année de frappe): C86: Rome (217) ; C28: atelier indéterminé (après 217)

Références: C86: RSC 648 (125£) - RIC 297d (S) - BMC 199 - Hill 1597 (R3) - BnF 6969-70

Caractéristiques: C86: Argent, 22mm, 4.27g, 12h - Ex: Gorny & Mosch Auction 191 n°2207 ; C28: Bronze, 22mm, 3.36g, 12h - Ex: CGB Rome XVI n°227.

Commentaire:

L'annonce de la victoire sur les Parthes arrive au moment où l'empereur s'apprête à célébrer ses vota XX soluta. Ces voeux sont effectifs l'année suivante, mais comme souvent les célébrations commencent au cours de la vingtième année. Il est certain que si l'empereur avait continué sa carrière un peu plus longtemps, il aurait certainement ajouté le titre de Parthique à sa titulature, ainsi qu'une nouvelle acclamation impériale. Le triomphe est d'ailleurs vu de bon augure pour l'accompagnement naturel de l'anniversaire (Mattingly, BMC). On verra qu'il n'en sera rien, l'empereur étant assassiné peu après cette victoire. On reviendra également lors d'un autre message sur la façon perfide dont Caracalla a vaincu les Parthes. Simplement écoutons juste Hérodien dans son livre IV (§ XXI) mentionner cette victoire: "Après avoir ainsi surpris et égorgé un peuple sans défense, il pénètre bientôt jusqu'au fond du royaume des Parthes; et quand ses soldats sont las de meurtres et de rapines, il retourne en Mésopotamie, et écrit au sénat et au peuple romain qu'il a soumis l'Orient et réduit sous son obéissance tous les rois de ces vastes contrées. Le sénat, quoique instruit de tout (car les actions des princes ne peuvent rester cachées), lui décerne cependant, par crainte et par flatterie, les honneurs du triomphe. Antonin se reposa quelque temps en Mésopotamie de la gloire de son expédition, uniquement occupé à conduire des chars et à tuer des bêtes féroces."

samedi 7 novembre 2009

Une imitation et son modèle: la Providence sur un denier de Septime Sévère

Il y a d'un côté les émissions officielles et de l'autre les imitations. Ces dernières revêtent différentes réalités suivant leur finalité. Il y a d'un côté les faux pour servir, c'est-à-dire des monnaies destinées à tromper sciemment l'Etat et les usagers et à s'enrichir avec cette fausse monnaie. Ces espèces ne respectent généralement pas le poids officiel et en particulier le titre de métal précieux. Les monnaies sont alors souvent fourrées, c'est-à-dire qu'elles contiennent un noyau de métal vil entouré de métal fin (l'argent pour les deniers). Mais il y a aussi les imitations proprement dites et qui ne servent pas à tromper, mais plutôt à pallier les carences du pouvoir central en des périodes où l'approvisionnement en monnaies officielles se fait difficilement. Ce sont des monnaies dites de nécessité, souvent coulées dans des moules et qui utilisent des types existants, mais elles peuvent aussi être frappées. Dans ce cas, il faut graver un coin et le style souvent fruste montre clairement qu'il ne s'agit pas de faux qui auraient été immédiatement repérés et rejetés, mais des monnaies de nécessité. Dans les provinces éloignées ou chez certains peuples à la périphérie de l'Empire, le monnayage officiel peut aussi s'inspirer de monnaies romaines. On remarque très souvent dans ce cas une non-maîtrise de la langue latine et des symboles habituellement utilisés.

n°S3


n°S43

Dénomination: Denier

Empereur: Septime Sévère

Avers: SEVERVS AVG - PART MAX pour S3 ; L SEPT SEV PEET - AVG IMP VII pour S43 - Tête laurée à droite. 

Revers: S3: PROVID - AVGG - Providentia debout à gauche, tenant une baguette de la main droite et un sceptre de la gauche ; à ses pieds, un globe. S43: PRVIIC - AVCC - Même description que pour S3, mais sans le globe.

Atelier (année de frappe): Rome (200) pour S3; Frappe locale (après 200) pour S43.

Références: RSC 586 (25£) - RIC 166 (C) - BMC 197-9 - Hill 432 (C) - BnF 11043-6500 pour S3

Caractéristiques: S3: Argent, 18 mm, 3.23 g, 6 h; S43: Argent, 19 mm, 2.96 g, 5 h. - Ex. CGF Monnaies XXI n°2739

Note: L'imitation S43 n'est pas référencée. Cet exemplaire est cependant illustré au n°2739 du livre "Les monnaies romaines" de L. Schmitt.

Commentaire:
La monnaie officielle de l'atelier de Rome présentée ici a été frappée en 200 selon Hill. L'émission irrégulière qui imite ce revers, en omettant cependant le globe et en faisant des erreurs dans les légendes, possède cependant une titulature d'avers différente. En effet, le droit de cette imitation n'est pas copié du prototype romain avec sa légende active de 200 à 201, mais provient d'une émission antérieure où l'empereur fait mention de sa septième acclamation impériale (utilisée en 195-196). On pourrait alors penser que cette imitation pourrait être datée de 197. En effet, cette année-là, Septime Sévère émet une première monnaie d'argent avec la Providence au revers, mais avec la légende PROVIDENTIA AVG, c'est-à-dire la Providence de l'Auguste, Caracalla n'étant encore que César. Toutefois, notre imitation ne reprend pas ce type, mais bien le suivant en 200 avec la légende courte PROVID AVGG pour PROVIDENTIA et le pluriel pour les Augustes.